Chronique | En pleine reconstruction, l’épine dorsale du Canadien s’effrite
Qu’est-ce qui est pire qu’une chaise vide? Une chaise laissée vacante par un joueur de centre. Si la ligne de centre est véritablement l’épine dorsale d’une équipe de hockey, le Canadien donne soudainement l’impression de retourner tout droit vers la case départ de son difficile processus de reconstruction. L’organisation montréalaise a annoncé vendredi que Kirby Dach venait de subir une deuxième intervention chirurgicale au genou droit en l’espace de 16 mois. Ce rebondissement survient à une semaine de la date limite des échanges, alors que deux des trois autres centres de l’équipe, Jake Evans et Christian Dvorak, écoulent les dernières semaines de l’entente les liant à l’organisation. Sur le plancher du Centre Bell au repêchage de 2022, Kent Hughes et Geoff Gorton ont parié gros pour mettre la main sur Dach. Dans un échange à trois équipes, ils ont cédé des choix de premier et deuxième tours aux Blackhawks pour l’obtenir. À Chicago, la progression de Dach avait été ralentie par des blessures et sa faible production offensive avait laissé la direction des Hawks sur leur appétit. À Montréal, sous les ordres de Martin St-Louis, le grand attaquant de Fort Saskatchewan a connu une première saison extrêmement prometteuse de 14 buts et 38 points en 58 matchs. Toutefois, blessé à répétition, il n’a disputé que 117 des 223 rencontres de l’équipe depuis son arrivée. Ses longues absences et sa première chirurgie au genou ont clairement affecté son jeu. Avant que cette seconde chirurgie survienne cette semaine, son rendement et son différentiel de -29 avaient probablement convaincu la direction qu’il fallait à nouveau se mettre à la recherche d’un deuxième centre. Le hic, c’est que les centres capables de briller au sein d’un top 6 sont extrêmement précieux, et donc très difficiles à obtenir sur le marché. *** Depuis qu’il a été écarté du jeu, Dach a été remplacé par Owen Beck, un choix de 2e tour au repêchage de 2022. Beck n’était toutefois pas un joueur offensif d’élite dans les rangs juniors et on lui prédit un rôle de troisième ou quatrième centre dans la Ligue nationale de hockey (LNH). Cette saison, il a inscrit 13 buts et 19 aides en 47 matchs avec le Rocket de Laval. Son entraîneur Pascal Vincent le décrit comme un athlète totalement dédié qui n’a toutefois pas terminé son apprentissage des rouages du hockey professionnel. Comme mentionné ci-haut, les directeurs généraux de la LNH ont jusqu’à 15 h (HNE) le 7 mars prochain pour compléter des échanges et tenter d’améliorer leur formation en vue de la dernière ligne droite du calendrier et des séries. Les troisième et quatrième centres de l’équipe, Jake Evans et Christian Dvorak, écoulent tous deux leurs dernières semaines de contrat et sont susceptibles d’être envoyés sous d'autres cieux. Les DG n’aiment pas voir des contrats se terminer et perdre des Evans est âgé de 28 ans et il est sur le point d’accéder au statut de joueur autonome pour la première fois de sa carrière. Développé par l’organisation et doté de solides qualités de leadership, Evans présente une moyenne de 31 points par tranche de 82 matchs. Il est l’un des joueurs les plus fiables de l’équipe en défense. Surtout, il est le joueur de la LNH le plus utilisé en désavantage numérique. Le CH figure parmi les trois formations les plus punies de la ligue. Les statistiques démontrent toutefois que l’efficacité de son unité de désavantage s’est améliorée de 44 % depuis la saison dernière. Et cela, sans tenir compte des 7 buts inscrits par le Tricolore quand il était à court d’un homme. Les progrès de cette unité expliquent en très grande partie pourquoi elle n’a pas encore été larguée au classement. *** Pour sa part, bien qu’il connaisse une saison intéressante, Christian Dvorak semble n’avoir aucun avenir avec le Canadien. Âgé de 29 ans, Dvorak a été acquis par Marc Bergevin en 2021 pour combler le vide laissé par le départ de Phillip Danault vers Los Angeles. Il touche 4,45 millions de dollars par saison. Danault est parti parce que les Kings lui offraient un contrat de 6 ans et 5,5 M$ par saison. Le CH estimait qu’il ne valait pas cet argent. Depuis son arrivée à Montréal, Dvorak n’a disputé que 68,5 % des matchs de l’équipe. Il a maintenu une moyenne de 34 points par tranche de 82 matchs. Malgré le fait qu’il s’avère efficace dans la deuxième vague de désavantage numérique, la constance défensive qu’on attendait de sa part n’a jamais été au rendez-vous. Il a d’ailleurs présenté un bilan de -48 à forces égales durant cette période. À Los Angeles, Danault a pour sa part amassé une moyenne de 51 points par tranche de 82 matchs, en plus de maintenir un bilan de +29. Il a aussi disputé 141 matchs de plus que Dvorak. *** À court terme, Kent Hughes et Jeff Gorton se retrouvent donc face à un dilemme cornélien. S’ils échangent Evans et Dvorak – ou un seul des deux – le CH complétera le dernier quart du calendrier sans les trois quarts ou la moitié de ses centres réguliers. L’organisation limitera ainsi ses pertes d’actifs, mais elle coulera une fois de plus au classement. Et l’objectif de disputer des matchs significatifs jusqu’à la fin du calendrier (aussi connu sous le nom de Si leurs plans d’avenir à l’endroit d’Evans et de Dvorak restent inchangés, Hughes et Gorton feront par ailleurs face à tout un chantier cet été. Ils se retrouveront en quelque sorte dans une moins bonne position qu’ils ne l’étaient au repêchage de 2022. Leur ligne de centre sera alors composée d’un Nick Suzuki en plein apogée, d’un Kirby Dach tentant une fois de plus de retrouver ses repères et de deux chaises jadis occupées par des vétérans. Sans oublier les trous qu’auront laissés Evans et Dvorak au sein de l’unité de désavantage numérique. Puisque l’équipe sera toujours en reconstruction, l’un de ces deux postes névralgiques devra probablement être occupé par un jeune centre, avec toute l’inconstance que cela comporte. La saison prochaine, le CH s’apprête par ailleurs à accueillir l’ailier russe Ivan Demidov, que certains considèrent comme le jeune talent le plus électrisant de l’organisation depuis… Guy Lafleur. Le temps nous le dira bien assez vite si cette comparaison est un sacrilège. Mais au final, si on veut voir les ailiers de l’équipe maximiser leur potentiel offensif, il faudra bien dénicher des centres capables de leur distribuer la rondelle et de stabiliser le jeu de l’équipe. La mère de Forest Gump disait que la vie est comme une boîte de chocolats parce qu’on ne sait jamais ce qu’on va y trouver. Les reconstructions d’équipe de hockey aussi, semble-t-il.actifs
sans obtenir quoi que ce soit.rester dans le mix
) sera raté.
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